Bonheur et Yoga

L'auteur

Céline Chadelat

Article publié le 27/02/17

A force de penser yoga, de parler yoga, de conseiller de faire du yoga, Céline a finalement jugé bon d'ouvrir un blog sur le yoga. Après avoir été pigiste pour des revues spécialisées sur le yoga et les religions, elle publie "Thich Nhat Hanh, une vie en pleine conscience" aux Editions du Châtelet en 2016. Mettre en relation le plus grand nombre de personnes avec le yoga est un souhait profond qu'elle réalise avec ce blog, et prochainement avec le site capyoga.com, une plateforme conçue pour mettre en relation professeurs et futurs élèves. www.capyoga.fr

Nos contributeurs

Christophe Bourgois
Céline Chadelat
Aline Mahé Garcia
Myriam Domange
Stéphane Ayrault
Rudolf

Retrouvons-nous

Pratiquer la non-violence avec le projet du pardon

Photo : Marina Cantacuzino, journaliste à l'origine du "projet du pardon"

La notion de non-violence (Ahimsā) est une des grandes priorités du yoga. Elle consiste en l’absence de toute intention de nuire. Il s’agit d’aimer ce qui est. En 2004, Marina Cantacuzino, journaliste primée, lance le « Mot F : Images du pardon » : un exposé d’histoires personnelles atroces et terrifiantes suivies d’extraordinaires actes de résilience. Une attitude qu'elle cherche à promouvoir.

Lorsque Marina Cantacuzino étudie les luttes et réussites quotidiennes de personnes ordinaires, elle découvre que l’authenticité des voix de ses sujets est une façon bien plus puissante de partager leurs histoires que de discuter avec des experts et des analystes. Très inspirée, Marina Cantacuzino crée le Projet du Pardon, un programme Anglais à but non lucratif. Le Projet du Pardon, partenaire de la Charte Internationale de la Compassion dans le domaine de la Paix et la non-violence, n’est lié à aucune religion ou organisation politique.

L’absence d’envie de nuire ramène au terme Ahimsā. Ahimsā implique la compassion à l'égard de tous les êtres. Le terme Ahimsā est très ancien et règne sur la culture bouddhiste et jaïniste. Ces derniers en ont fait l’application la plus stricte.  Soucieux d'éviter toute atteinte à la vie, les moines jaïn s’efforcent de se couvrir la bouche d'un linge pour ne pas risquer d'absorber quelque insecte, balayer soigneusement la place où ils vont s'asseoir pour ne pas écraser le moindre être vivant, et autres. La pratique du yoga, elle, contribue à traverser les épreuves avec plus de lâcher-prise.

Gandhi a lui-même donné une nouvelle impulsion à l'Ahiṃsā ; une des pièces maîtresses de sa position spirituelle et politique. Le jeûne devient un moyen de pression sur l'adversaire, non assimilé à une méthode de violence, puisque c'est sur lui-même que le jeûneur opère, s'offrant d’une certaine manière en sacrifice. Cette compassion est pour Marina Cantacuzino la ligne directrice et le pilier de son projet. Le Pardon vient avec la compassion, qui vient elle-même avec le désir d’une paix intérieure.

Marina Cantacuzino, fondatrice du Projet du Pardon s’est d’ailleurs exprimée sur ce sujet le 2 juin 2015 au cours de l’appel de la Charte pour la Compassion :

Une époque rancunière

« Qu’est-ce qu’est vraiment le pardon ? Est-il possible de pardonner quelqu’un qui a assassiné votre aimé, a abusé de vous puis passer à autre chose ? Comment se détacher de ce cercle rancunier et se tourner vers un nouvel horizon ? Dans cette optique, Alexander McCall Smith et Desmond Tutu ont rédigé un livre émouvant, mêlant grandes histoires de survivants ayant abandonné la vengeance en faveur du pardon ainsi que des récits d’auteurs. Est conté par exemple l’histoire d’un père qui pardonne un docteur d’avoir administré à sa fille de trois ans une drogue létale. »

« Vous ne pouvez pas rester dans le brouillard. Vous avez besoin de vous relever et d’aller plus loin. C’est ça le pardon, » écrit Wilma Derksen, dont la fille de treize ans a été assassinée. « Pour moi, il a fallu que je transforme en profit ce qui s’était passé afin de pouvoir pardonner. » Marina Cantacuzino, invite à transformer sa douleur de manière positive.

Les préoccupations humaines ont grand besoin d’une solution. Tout comme l’oreille anticipe et s’émeut à l’écoute d’une mélodie, écrit Alexander McCall Smith, ces histoires décrivent la durée de vie de la douleur, le courage entreprit et les solutions trouvées à travers le monde (du Royaume Uni, en passant par la Pologne,  la Norvège, la Palestine, la Bosnie, le Rwanda, l’Indonésie, le Sénégal, l’Egypte, l’Australie ou encore les Etats-Unis).  D’un survivant des suicides à la bombe de Londres en 2005 à la mère qui a rencontré et pardonné celui qui a poignardé à mort son fils, ces histoires ne sont qu’une infime partie de tout le travail effectué.

Ce livre remarquable mérite d’être lu et relu. Il montre comment supporter l’insupportable en transformant un ressentiment venimeux en empathie et compassion.

Ce projet est, dans son essence, lié à la charte de Compassion, qu’il est possible de signer en ligne. Pour faire changer les choses à son échelle :

Le site officiel du Projet du Pardon : http://theforgivenessproject.com/ (link is external)

La Charte de la compassion : http://charterforcompassion.org/ (link is external)

L'article sur la compassion

Pour aller plus loin :

Le Projet du Pardon: histoires d'une époque rancunière de Marina Cantacuzino, Archbishop Desmond Tutu et Alexander McCall Smith

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