Sagesse et Yoga

L'auteur

Céline Chadelat

Article publié le 18/03/17

A force de penser yoga, de parler yoga, de conseiller de faire du yoga, Céline a finalement jugé bon d'ouvrir un blog sur le yoga. Après avoir été pigiste pour des revues spécialisées sur le yoga et les religions, elle publie "Thich Nhat Hanh, une vie en pleine conscience" aux Editions du Châtelet en 2016. Mettre en relation le plus grand nombre de personnes avec le yoga est un souhait profond qu'elle réalise avec ce blog, et prochainement avec le site capyoga.com, une plateforme conçue pour mettre en relation professeurs et futurs élèves. www.capyoga.fr

Nos contributeurs

Céline Chadelat
Christophe Bourgois
Aline Mahé Garcia
Myriam Domange
Stéphane Ayrault
Rudolf

Retrouvons-nous

Vegans et yoga: sont-ils forcément bons amis ?

 

Faut-il être végétarien ou vegan pour faire du yoga ? Pas nécessairement. Mais avec la pratique du yoga, on ne vous garantit pas que vous ne le serez pas bientôt. Pour transformer son régime alimentaire, le yoga peut être une aide précieuse.

 

Au coeur du yoga : la pression de l’homme sur le vivant

Tout le monde est contre la souffrance et nous serions peut être tous déjà végétariens si ce régime ne nous privait pas de certains plaisirs gustatifs. Dans les faits, devant un plateau de charcuterie, difficile de résister. Or, de multiples études le démontrent, se nourrir d’animaux exerce une pression sur le vivant : sur les animaux eux-mêmes, sur les ressources, sur le climat. Or, la question de la pression que l’homme exerce sur ce qui l'entoure est au cœur du yoga.

Cette pression commence par le souffle. A notre naissance, dès lors que nous absorbons de l’oxygène pour la première fois, nous exerçons une pression sur le vivant. Quand on l’observe uniquement au niveau de la respiration, cette pression est infime. A plus grande échelle, cette pression prend la forme d’une prédation destructrice envers la nature et ses ressources.

Le yoga apprend à transformer cette pression. Le yogi Patanjali qui est un des codificateurs du yoga, a déterminé huit branches dans la pratique. La quatrième branche regroupe tout ce qui concerne le souffle. La respiration constitue le lien entre le monde extérieur et le monde intérieur. En modifiant notre respiration, on calme le mental, l'attention augmente, les rapports avec le monde extérieur se transforment vers plus d'harmonie. Comment ?  Grâce à la pratique des asanas, postures, et des pranayamas, des techniques de respiration. Grâce à son action pacificatrice, le yoga peut être aussi un moyen merveilleux pour faciliter une transition vers une alimentation dépourvue de souffrance animale. Après une séance de yoga, qui n’a jamais préféré une salade savoureuse à une saucisse aligot ?

Etant donné que la participation à l’exploitation et à la souffrance animale est une position de moins en moins tenable, qu’en dépit des bons chiffres de vente de viande affichés, l’opinion a une mauvaise conscience très vive, nombreux sont ceux qui optent vers un régime purement vegan.

Sans intériorité, le végétarisme peut être une violence

Si on questionne le principe de non-violence inhérent au yoga, le fait de s’imposer du jour au lendemain un régime vegan ou végétarien peut être une violence à l’égard de soi-même. Le changement ne peut s’imposer par la force du mental. Le corps a aussi son mot à dire. D’un autre côté, le choix du végétarisme peut être aussi considéré comme  une violence envers les autres lorsque des velleités  d'imposer son choix surgissent.

On ne peut pas vouloir faire cesser la violence et projeter de la colère envers les autres, même si, il faut l’admettre, rester courtois peut être extrêmement délicat lorsqu’on n’est passé « de l’autre côté du miroir ». Le végétarisme devrait être pris comme une voie plutôt que comme un régime. Si cesser de manger de la viande est synonyme d’injonctions, de frustration et de privations alors on continue d’entretenir un système de violence. Remplacer un régime par un autre ne suffit pas ; Laisser parler le corps et rester mentalement ouvert pour modifier la variable de ses plaisirs peut être en revanche bénéfique. Juste par la pratique corporelle, notre conscience s’élargit. Ce qui signifie que des possibilités multiples s’ouvrent.

De même qu’enfant, on ne jure que par les coquillettes au ketchup, en prenant de l’âge, les plaisirs s’affinent, et si on aime toujours les pâtes, ce sera agrémentées de tomates confites, de parmesan ou de pesto.

Se pacifier à l’intérieur

Le secret est qu’on ne peut pas changer d’alimentation - tout comme arrêter la cigarette ou se mettre enfin au jogging - sans modifier de façon significative notre état d’esprit, notre fréquence intérieure. Autrement dit : «La folie est de toujours se comporter de la même manière et de s’attendre à un résultat différent » disait Albert Einstein. Pour qu’un réel changement prenne place, toutes les ressources intérieures doivent être mobilisées. Or, le yoga nous modifie corps et esprit et par petites touches. Sans cours magistraux, simplement par la force de la pratique corporelle, des compréhensions se déploient. Selon Jahnavi Freund, professeur de yoga, le yoga apporte « un travail de nettoyage et de purification. Ca peut être une surprise, un jour, on a une prise de conscience et on découvre que le corps n’a plus du tout envie d’absorber de viande ». L’intelligence du corps est à l’œuvre.

Comme disait Paramhansa Yogananda à un homme qui lui demandait si fumer, boire de l’alcool et manger de la viande n’était pas un problème s’il adoptait sa pratique, il lui répondit : « vous pouvez, mais je ne vous garantie pas qu’après, vous ayez encore envie de le faire ! »

La chance du yoga : pacifier les rapports entre omnivores et vegans

Selon le sociologue, spécialiste de l’empathie, Nathan Stern, "Personne ne contribue davantage que les végétariens et les vegans à une société moins violente envers les animaux. Mais cette évolution pourrait sans doute être accélérée si les végétariens ou vegans se situaient au-delà du jugement vis-à-vis de ceux qui ne partagent pas encore leur option». L’accusation, la mise en cause sont mal vécues, elles sclérosent et endurcissent les positions. « Si on parle de ce qui réunit les vegans et les omnivores comme le rejet de l'élevage industriel, il est possible de faire changer les choses plus vite » explique t-il. Le yoga, en pacifiant le mental et le corps peut rendre les relations plus apaisés et positives. D’autres pistes existent comme la Communication Non Violente où dans ce cadre, le jugement et l’accusation n’entrent pas . « Avec des discours émancipés du jugement, fondés sur des éléments factuels, on suscite davantage l’adhésion » poursuit le sociologue.

Que disent les textes fondateurs du yoga ?

Le canon de Patanjali, dans l’énoncé des yamas et niyamas parle de Ahimsa, qui signifie « ne pas nuire ». Ce principe fut interprété par le Mahatma Gandhi comme un principe de non-violence absolue applicable à tout ce qui nous entoure. Il s’agit de « ne pas nuire » : ni à soi, ni aux autres, que ce soit en pensée, en parole ou en action. Ahimsa demande de travailler le discernement et la conscience, et amène à la concentration et à l’harmonie profonde.

La chair animale est considérée comme du poison par les yogis. Dans l’Ayurveda, la viande s’apparente à tamas, l’ignorance et l’obscurité. Si vous souhaitez en savoir plus, vous trouverez ici notre article sur les gunas. On constate que quand on aborde la pratique des respirations, bandhas et pranayamas, de nombreuses écoles de yoga déconseillent alors l’alimentation carnée. 

Merci de m’avoir lue jusqu’ici, si l’article vous a plu, n’hésitez pas à le commenter sur facebook (je serais heureuse de discuter avec vous) de le liker et partager !

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